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L’intersubjectivité du monde – Marion Zilio

Date

14.10.2021

Heure

18:30 - 20:00

Les larves sont les figures d’une altérité radicale, le point le plus abject et le plus éloigné de l’humain. Pourtant, c’est grâce à elles que nous avons pris visage. Les larves représentent une vie « masquée sous sa première forme » qui inspire la léthargie et hante les vivants. Elles nous dévorent et nous ramènent à l’humus. Comme les parasites, elles sont les petits, les méprisés, les invisibles, la masse des travailleurs de l’ombre qui donnent à l’évolution une intersubjectivité insoupçonnée. Alors que le mot « larve » est privé de rime et semble en cela coupé des résonances avec le monde, celles-ci n’en présentent pas moins une valeur expressive propre qui excède l’explication fonctionnaliste ou reproductrice. Par le truchement d’apparences et d’ornements, de mimétismes ou de camouflages, elles manifestent leur appartenance cosmique dans le libre jeu du caché et du montré. Des récits d’horreur à leurs plus belles métamorphoses, en quoi les larves nous permettent-elles de penser notre présence au monde ?

Marion Zilio est autrice, critique d’art et commissaire d’exposition indépendante. Docteure en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts, elle est l’autrice de Faceworld. Le visage au 21e siècle (PUF, 2018 ; Polity Press, 2020) ainsi que Le livre des larves. Comment nous sommes devenus nos proies (PUF, 2020). Elle enseigne actuellement à l’Université de Paris 8 dans l’UFR Art, Philosophie et Esthétique et a été professeure invitée à l’École Nationale Supérieure de Cinéma de Téhéran.

Cette conférence inaugure le cycle de conférences Le Temps du Vivant.