Félicitations à Gil Lekh, alumni de la promotion 2023, lauréat 2026 d’Une Relève Méditerranéenne.
Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, l’association Parallèle, L’École(s) du Sud et quatre partenaires des écoles d’art et du réseau MIRAMAR — l’Académie Libanaise des Beaux-Arts, le centre DARET, l’Institut national des Beaux-Arts de Tétouan, et Les Ateliers Sauvages — s’associent pour porter Une Relève Méditerranéenne.
Exposition collective et transdisciplinaire, Une Relève Méditerranéenne va rassembler 16 artistes méditerranéen·nes émergent·es, et prendra place du 21 mai au 9 août 2026 à Marseille sur le 5e plateau de la Friche la Belle de Mai. Une programmation publique sera associée.
Le vernissage aura lieu le 20 mai, à 17h.
La curation de l’exposition a été confiée à la commissaire Soukaina Aboulaoula.
Gil Lekh
Artiste-chercheur, son travail prend racine dans ses expériences multiples. De famille issue de migrations, il s’est formé dans les milieux alternatifs et a été ouvrier du bâtiment. De ce parcours, il explore les expériences en les mêlant à la recherche. Sa pratique explore les liens entre mémoire, transmission et continuum colonial à travers une poïétique de la vulnérabilité — comprise comme une force de relation, de réparation et de transformation. Ses matériaux de prédilection liés à l’habiter témoignent d’une attention aux gestes de réparation et à la mémoire contenue dans ces matières. À travers sculpture, installation, édition et dispositifs participatifs, il ouvre des espaces où les souvenirs enfouis peuvent ressurgir, où les fractures historiques trouvent reconnaissance et continuité. Sa recherche conjugue art, sciences humaines et éducation populaire, invitant à repenser le commun pour esquisser des présents vivables et des futurs désirables encore à venir.
Une relève méditerranéenne
Le couple en titre instaure une double perspective, à la fois contextuelle et conceptuelle. Si Une relève méditerranéenne désigne une génération et une géographie, Sur la frontière du temps convoque une expression de Michel Foucault dans L’Archéologie du savoir pour décrire un seuil où la continuité s’interrompt : un espace à la fois proche et lointain. Les œuvres surgissent de cette condition, entre un passé qui s’actualise sous des formes fragmentaires ou mouvantes, un présent-future traversé par des forces qui le dépassent. La Méditerranée, souvent fantasmée comme un ensemble monolithique, devient ici le lieu d’une négociation temporelle et spatiale. Ses eaux, ses flux et ses strates mémorielles ne sont pas des sujets de représentation ; ils sont des interlocuteurs.
Tout au long de l’exposition, les thématiques du mouvement et du seuil reviennent en écho : états d’entre-deux, héritage et métamorphose de la mémoire, intrication de l’histoire et du mythe, ou encore place du vivant non-humain au sein de ces récits. Chaque œuvre s’affirme comme un événement singulier, ancré dans ses propres nécessités. L’exposition procède ainsi d’une logique de la rencontre plutôt que du groupement, résistant à l’injonction d’assigner les œuvres à leur géographie d’origine ou à l’expression d’identités figées.