À l’occasion du centenaire de la naissance de Michel Marot (1926–2021), la Villa Arson rend hommage à l’architecte qui a conçu la Villa, en soulignant l’originalité et la portée de son œuvre. Conçue comme un lieu de vie, de création et de transmission, la Villa incarne une vision de l’architecture à la fois moderne et profondément humaniste, où l’espace se construit au service des usages, des rencontres et des expériences.
Né à Troyes le 29 janvier 1926, Michel Marot est diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts en 1950. L’année suivante, grâce à une bourse Fullbright, il part suivre les cours de l’atelier de City planning à Harvard (États-Unis) où il découvre les œuvres de Walter Gropius et de Ludwig Mies van der Rohe, mais aussi celles de Eero Saarinen, de Louis Kahn et de Frank Lloyd Wright. Il obtint le Prix de Rome à son retour en 1954 pour le programme « Un centre de recherches africaines à Kano, dans le Nigéria britannique ». Il séjourne à la Villa Médicis de janvier 1955 à avril 1958. En 1956, il réalise l’Église Sainte-Agnès à Fontaine-les-Grès pour laquelle il reçoit l’Équerre d’Argent en 1963.
Il fonde en 1959 le cabinet MTA avec son associé Daniel Tremblot. Ils sont rejoints par Jean Louis Nouvian, Didier Quillard, Maurice Guerlain, Pierre Blain et Georges Fidon qui jouera un rôle important dans la conception de la Villa Arson.
Nommé en 1960 Architecte en Chef des Bâtiments Civils et Palais Nationaux, Michel Marot est chargé des Alpes Maritimes et de la Corse. Plus tard, au titre de ces fonctions, il aura la responsabilité de l’Arc de Triomphe et des Archives nationales.
En 1964, Max Querrien, directeur de l’architecture au ministère des Affaires culturelles de (1963 à 1968), lui confie la réalisation de la Villa Arson. Inaugurée en 1972, elle est une œuvre majeure de Michel Marot.
La Villa Arson apparaît comme un espace de cristallisation où résonnent les rencontres et les inspirations puisées dans les expériences qui ont marqué sa formation d’architecte.
Institution d’un nouveau type, c’est l’une des dernières grandes réalisations liées à la politique de décentralisation culturelle portée par André Malraux. Réunissant sur un même site une école d’art, un centre d’exposition dédié à l’expérimentation et des résidences à vocation internationale, ce nouveau « campus artistique » doit pouvoir rivaliser avec les grandes écoles d’art parisiennes.
Pour répondre au programme ambitieux de construction de la Villa Arson, Michel Marot déploie un projet occupant la quasi-totalité du terrain. Les bâtiments modernes en béton recouverts de galets viennent s’enchâsser dans le périmètre défini par les grands sujets (pins parasols et cyprès) plantés à l’époque des Arson. La bâtisse historique est enserrée dans un étagement de terrasses selon le principe des jardins à l’italienne de l’ancien domaine, conduisant à deux auditoriums extérieurs orientés vers la mer. Rappelant les villages perchés méditerranéens, l’architecture joue avec la lumière, mêle l’intérieur et l’extérieur, renvoie le minéral au végétal et distribue les ateliers et les salles de cours à travers un cheminement labyrinthique.
Répondant toujours avec générosité aux sollicitations des équipes de la Villa Arson, il sera attentif aux évolutions de son bâtiment avec lequel il gardera une relation privilégiée.
La Villa Arson est aujourd’hui inscrite au titre des Monuments Historiques et bénéficie du label Architecture contemporaine remarquable.