
La maison d’édition de la Villa Arson est heureuse d’annoncer le lancement de la collection « La surface démange » avec la publication de trois ouvrages entre 2024 et 2026:
- Anna Colin, Espaces pédagogiques alternatifs : de l’utopie à l’institutionnalisation
- Grisdela Pollock, Féminisme et pédagogie au cœur des formations artistiques : 40 ans d’expérience
- Virginie Bobin, Désapprendre en traduisant, une pratique critique et collective
La collection d’ouvrages est dirigée par Alice Dusapin (responsable des éditions) et Sophie Orlando (éditrice scientifique), et conçue graphiquement par le studio In the Shade of a Tree, en partenariat avec Sternberg Press.
Espaces pédagogiques alternatifs : de l’utopie à l’institutionnalisation – Anna Colin
Issu d’une recherche empirique, Espaces pédagogiques alternatifs : de l’utopie à l’institutionnalisation enquête sur la manière dont les espaces de pédagogies alternatives se créent, se développent et se transforment.
Cofondatrice de l’école d’art indépendante et espace communautaire Open School East, initié à Londres en 2013, Anna Colin en a été la directrice entre 2013 et 2021. Elle explore dans cet ouvrage les facteurs permettant l’implantation de structures, leurs cycles de vie, ainsi que le décalage possible entre les pratiques et les valeurs qui les font exister. L’enquête analyse les caractéristiques et les prérequis à ce que Colin appelle « les établissements pédagogiques multi-publics ». Elle se penche également sur les situations épineuses qui guettent les projets résolument alternatifs : processus d’habituation, tentation ou nécessité de s’agrandir, collectes de fonds qui malmènent l’éthique de travail, longévité, ou le simple désir de parvenir à la viabilité et à la stabilité.
Espaces pédagogiques alternatifs se propose de reconceptualiser les notions d’attente, de lenteur et de longévité et tente de définir ce qui pourrait profiter aux pratiques culturelles et à la création de futures institutions (où à la refonte de celles qui existent déjà). Plutôt que d’envisager une équivalence entre succès et pérennisation, l’autrice part à la rencontre de modèles institutionnels qui résistent à la chrononormativité, prenant leur source dans les mouvements sociaux, la biologie et la permaculture.
Postface : entretien avec Catherine Queloz
Édition française (10,5 x 15,5 cm, broché, 132 pages , 12 €)
Édition anglaise (10,5 x 15,5 cm, broché, / 116 pages / 12 €)
Féminisme et pédagogie au cœur des formations artistiques : 40 ans d’expérience – Griselda Pollock
Féminisme et pédagogie au cœur des formations artistiques : 40 ans d’expérience réunit deux conférences tenues en 1985 et 2022 par Griselda Pollock.
Dans sa conférence de 1985, Griselda Pollock formule une critique des politiques du genre présentes dans l’enseignement artistique au XXe siècle qui, selon elle, renforcent l’idéologie individualiste et masculiniste des conditions de production capitalistes de l’art. Elle associe le culte de l’auteur avec une absence de reconnaissance des femmes artistes, malgré leur participation flagrante à l’art moderne. Elle explore l’impact de la critique post-moderne et de l’engagement pour un art féministe sur les théories de la signification, de la subjectivité et sur l’image, quand elle se détache du modèle de « l’atelier ». Pour finir, elle plaide pour « une intervention féministe dans l’histoire des arts » à même de contester le modèle exclusivement centré sur l’homme artiste-héros ou sur l’hégémonie du formalisme dans la théorie de l’art.
Près de quarante ans plus tard, en 2022, Griselda Pollock revisite l’impact de 1968 et la révolution théorique provoquée par ce moment historique en resituant les tournants géopolitiques et idéologiques de 1989, 2001, et plus particulièrement 2007 (sortie de l’iPhone, liée à Internet et aux réseaux sociaux). Elle identifie une tendance post-2010 problématique qu’elle appelle (moyennant Derrida) « instagrammatologie » et défend une analyse critique de la grammaire des réseaux sociaux, qui réduisent selon elle le spectre de la pensée nuancée et performent la surveillance des idées.
Postface : Sophie Orlando
Édition française (10,5 x 15,5 cm, broché, 138 pages, 12 €)
Édition anglaise (10,5 x 15,5 cm, broché, 120 pages, 12 €)
Désapprendre en traduisant: une pratique critique et collective – Virginie Bobin
À partir d’expériences pratiques, Désapprendre en traduisants’appuie sur la traduction comme outil pédagogique, acte de résistance et geste de soin dans un contexte politique hostile. La curatrice, autrice, éditrice et traductrice autodidacte Virginie Bobin y revisite une série d’ateliers, expositions et autres activités collectives prenant la traduction comme sujet et comme méthode pour ébranler les conceptions excluantes de la langue, de l’identité et de l’appartenance. À travers le prisme ambigu de l’intraduisibilité, le livre se penche sur les rapports de pouvoir qui sous-tendent le travail de l’art dans divers contextes institutionnels, académiques ou militants. S’inscrivant dans des généalogies et des méthodologies féministes, Désapprendre en traduisant place le travail collectif et les relations affectives au cœur des pratiques critiques, comme l’illustre la correspondance avec Andrea Ancira.
Postface : entretien avec Andrea Ancira
Édition française (10,5 x 15,5 cm, broché, 132 pages , 12 €)
Édition anglaise (10,5 x 15,5 cm, broché, / 116 pages / 12 €)
la surface démange
Une plateforme en ligne
La surface démange est une ligne de recherche sur les approches critiques de l’éducation artistique initiée et dirigée par Sophie Orlando à partir de 2020. Entre 2020 à 2024, LSD prend la forme d’un groupe de travail sur les pédagogies à visée émancipatrice en art à l’école nationale supérieure d’art, la Villa Arson, réunissant Christelle Alin, Flo*Souad Benaddi, Céline Chazalviel, Gil Lekh et Hani Yikyung.
En mars 2024, la Villa Arson lance la plateforme en ligne La surface démange. Cette plateforme accueille des contributions issues de différents milieux dont l’enseignement supérieur d’art et de design, les centre d’art et les milieux militants artistiques sous la forme d’entretiens, de textes de commandes ou encore de cours collectifs.
Une collection papier
Initiée par Céline Chazalviel et Sophie Orlando, la collection « La surface démange » dirigée par Alice Dusapin (responsable des éditions) et Sophie Orlando (directrice scientifique) prend la forme d’une collection papier en 2025 en partenariat avec Sternberg Press.
Cette collection propose des récits réflexifs provenant de pédagogues en écoles d’art, dans les départements universitaires d’écritures créatives et d’arts visuels, les centres d’art et les musées – des institutions souvent considérées comme progressistes.
Elle souligne les possibilités de transformation et les contraintes rencontrées par des pédagogies artistiques à visée émancipatrice dans le domaine des arts visuels, de la performance, de la littérature, de l’histoire de l’art, de la recherche académique et de la critique d’art, toutes élaborées dans des contextes empreints de colonialité. Tiré d’un poème d’Audre Lorde, le titre évoque notre désir de questionner les normes, les biais, les impensés des formes pédagogiques, mais aussi de témoigner de ce qu’elles suscitent en nous.